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Du bambou pour le traitement des eaux usées

lundi 30 mars 2009, par Anne-Marie Fontaine

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Un jardin de bambous pour l’assainissement d’une petite ville ou d’une exploitation vinicole, il fallait y penser. Et pourtant en étudiant de plus près les caractéristiques de cette plante exotique, deux ingénieurs français ont développé une technologie d’assainissement de pointe. En 2002, ils ont déposé le brevet et créé leur société « Phytorem » qui a tout juste ouvert une troisième agence à Toulouse en octobre 2008.

Verte, valorisable en filière bois, autogénérative, ne rejetant aucun déchets, aucune boue et surtout durable (plusieurs dizaines d’années) ; la bambousaie d’assainissement est la nouvelle solution écolo pour le traitement des eaux usées. Pas étonnant alors que la société Phytorem ait été lauréate du concours national de la création des entreprises innovantes en 2001.

Avec des variétés résistantes à la fois au gel et à la sécheresse, cette plante que l’on retrouve naturellement sur quatre des cinq continents est adaptable aux différents climats français, hormis en montagne.

Le concept repose entièrement sur les capacités épuratrices du bambou par ses racines et par son feuillage persistant. Le bambou dispose d’un système souterrain de rhizomes et racines dense qui favorise le développement de bactéries capables de dégrader les polluants contenus par les effluents. Les matières minéralisées sont prélevées par les bambous pour leur croissance. L’évapotranspiration assurant le zéro rejet permet l’installation du système d’assainissement dans des zones sans exutoires et dispense de traitement des boues. « Le bambou d’assainissement est efficace un mois seulement après plantation et demande très peu d’entretien, explique Dijella Bagougou, responsable de l’agence Sud-Ouest, et il n’y a aucun problème pour l’intégration paysagère de l’installation. Au bout de deux mois, le bambou atteint sa taille adulte, soit 7 à 12 mètres. On a aussi développé des panneaux d’information permettant de sensibiliser les habitants de la commune à ce système de traitement des eaux. »

Une fois par an de nouvelles pousses apparaissent, une seule plante peut générer 15 nouvelles tiges ! Afin de maintenir une efficacité maximale de traitement, les bambous sont coupés à l’âge de quatre ans. Les chaumes sont alors valorisés dans plusieurs filière : bois énergie, fabrication de meubles, lame de parquet, décoration … Et la production n’est pas négligeable : 1 ha produit de 20 à 40 tonnes de matière sèche.

Le système bambou-assainissement est adapté aux petites et moyennes communes, au-delà de 5000 habitants, il demande beaucoup d’espace, car il nécessite de planter 10m² de bambou/ habitant. Actuellement dans la région, un projet est à l’étude dans une collectivité de l’Aveyron. Mais les premiers clients de Phytorem ont été des exploitants viticoles. Phytorem propose également sa technologie au secteur de l’agroalimentaire, cependant il reste encore quelques domaines où le bambou n’est pas adapté. Le département recherche et développement de Phytorem planche actuellement sur le traitement de nouveaux types d’effluents.

- Le site internet de Phytorem


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